Jardin en permaculture : analyser son sol pour mieux le connaître


Mieux connaître votre sol pour savoir comment le cultiver



Chers tous ! Nous continuons notre voyage au cœur de la permaculture ! Si vous avez manqué le premier article Mon expérience en permaculture : comment débuter un jardin potager, je vous invite à le lire avant celui-ci.

« Mon expérience », c’est celle de ma belle-maman, pas la mienne ! 10 ans de permaculture ce n’est pas négligeable ! Je lui ai posé quelques questions pour vous donner les bases nécessaires pour débuter ce beau projet, je vous propose la suite de ses réponses dans cet article.

Il est évident que le sujet est vaste et dense, et que nous ne pouvons pas tout traiter en deux articles. Le but de ces deux articles est de vous inviter à une initiation, une ouverture à un nouveau mode de fonctionnement, une manière de penser et réfléchir son jardin de façon vivante et sensible !

reportage photo permaculture - anne bied - photographe reporter paris - photographe gers - photo reportage france


Tout part du sol si j’ai bien compris. Comment fait-on pour savoir quel type de sol on a sur notre terrain ?

L’analyse du sol : calcaire / acide / neutre ?

« Vous avez probablement dans la maison du bicarbonate de soude et du vinaigre blanc. Prélevez de la terre dans votre jardin, répartissez votre échantillon de terre dans deux récipients.

Dans le premier, versez du vinaigre blanc. Si le vinaigre réagit (bulles), votre sol est alcalin / calcaire (PH élevé au-delà de 7.5) Ajoutez de l’eau dans le deuxième récipient jusqu’à former une boue. Versez alors du bicarbonate, qui devrait pétiller, signifiant que le sol est acide (pH inférieur à 6.5) Dans le cas où aucun des deux tests ne réagit, le sol est probablement neutre (pH de 7). Ce test permet une première analyse. Tout ceci peut vous aider à savoir ce qu'il faut apporter pour rééquilibrer votre jardin en apportant les amendements nécessaires. Quoiqu'il en soit, un apport d'amendement organique tel que du fumier en hiver est important.

On sait aussi qu’un apport de feuilles en hiver fait baisser le ph. Les sous-bois ont un ph acide.


Un exemple concret

Chez nous par exemple, notre sol argilo-calcaire a un PH d'environ 8-8.4, (sol alcalin voire même très basique) ce qui fait qu'il supporte très bien les apports de feuilles, herbes de tonte, divers déchets verts, qui ont tendance à abaisser le PH et rendre le sol plus acide, donc de se rapprocher du 7 neutre.

Des petits indices avec des plantes bio-indicatrices peuvent vous aider à avoir une idée, par exemple si vous avez des fougères, si les rhododendrons, la bruyère, les Hortensias poussent très bien, votre sol est plutôt acide. Si vous avez plutôt des mauves, votre sol est plutôt calcaire et donc alcalin.

reportage photo permaculture - anne bied - photographe reporter paris - photographe gers - photo reportage france

Un sol ça se prépare combien de temps à l’avance pour bien cultiver ?

Commencer en Hiver

Ca y est, vous êtes décidés à commencer, alors mieux vaut vous y prendre durant l'hiver précédant les premières plantations.

Pour gagner du temps, il vous faudra décompacter la terre sur une vingtaine de centimètre, si votre jardin n'est pas déjà installé, la recouvrir d'une épaisse couche de paille (paillage sec) puis de fumier (paillage humide) ainsi que de la cendre si vous en avez. Cette dernière va alléger votre terre et amener de la potasse qui favorise la floraison et la présence de sucre dans les fruits et légumes.

Vous laissez reposer sans y toucher jusqu'à ce que vous installiez vos plants au printemps. La première année, la paille sera très présente et va se transformer au fil du temps, l'important est d'alterner les paillages secs et humides car sans humidité, la paille aura du mal à se transformer.

Continuer au Printemps

Lorsque vous installez vos plants au printemps vous formez des trous au travers du paillage et vous pouvez au fond de ces derniers y installer une bonne poignée d'orties bien tendres (avant que les fleurs n'apparaissent, non grainées en évitant les tiges qui risqueraient de bouturer.

Privilégiez les têtes tendres qui en se dégradant vont diffuser graduellement de l'azote assurant la bonne croissance de vos plants : l'apport d'azote favorise la croissance des tiges et feuilles, et l'apport de potasse favorise l'apparition des fleurs, des fruits et augmente leur taux de sucre.

Vous pouvez installer un goutte à goutte pour vous éviter d'arroser au pied, vous attendrez que ces derniers aient commencé à s'implanter avant de rajouter par exemple de l'herbe de tonte sur une quarantaine de centimètre de hauteur en évitant qu'elle ne touche les plants, elle pourrait en effet brûler les tiges en fermentant.

Vous installez cette herbe en amont, en aval et entre les plants pour créer un couvert assez compact.

Tout ceci à pour but de nourrir la terre, d'éviter le dessèchement, l'invasion de plantes indésirables et de vous apporter ainsi qu'à vos fruits et légumes un plus grand confort.

Si vous ne disposez ni de paille, ni suffisamment d'herbe, vous pouvez utiliser du carton, vous savez, les gros cartons d'emballage marrons bien encombrants dont on ne sait jamais trop quoi faire, essayez tout de même de les recouvrir avec des déchets végétaux (toujours alternance de paillage sec et humide)


reportage photo permaculture - anne bied - photographe reporter paris - photographe gers - photo reportage france

Qu’est ce qu’on plante, comment, où ?

Des plants de qualité

Le résultat va dépendre également énormément de la provenance des plants. Pour ma part, je n'utilise quasiment que des plants élevés à la maison, depuis pas mal d'années, j'effectue une sélection génétique en améliorant les variétés au fil des saisons.

Un arrosage quasi-inexistant

Je suis partie de variétés de tomates anciennes et les ai accoutumées à ne quasiment pas les arroser, il faut environ quatre années pour arriver à un résultat probant, nous les arrosons grâce au goutte à goutte installé sous le paillage seulement une fois par mois environ, au début, au printemps, nous ne les arrosons pas, lorsque les températures montent au-delà de 35°c, nous les arrosons 2 fois dans le mois.

Le résultat est incroyable, les qualités organoleptiques, gustatives sont exceptionnelles, de surcroît, la vigueur des plants ainsi que la conservation des fruits dépassent toute attente, du coup les maladies passent leur chemin....

Cerise sur la tomate, j'ai également obtenu des hybridations naturelles et donc de nouvelles variétés maison avec des mariages très réussis !

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S’adapter au réchauffement climatique

Outre la visite du verger de Pruniers d'Ente de mon confrère, j'avais été marquée par un reportage télévisé sur les pratiques culturales dans les pays du Maghreb voilà une dizaine d'années, les ressources en eau y étant limitées, ils créent des micro-climats en superposant les couches et les ombres végétales, tout d'abord les palmiers, puis dessous les agrumes et encore dessous les légumes.

Le dégagement de vapeur d'eau et l'ombre permettent de limiter l'arrosage et de protéger des brûlures du rayonnement solaire, violent à ces latitudes. Or le constat est fait, nous nous approchons dans le Gers du climat de ces contrées, le taux d'alcool dans nos vins augmente de 1 degré tous les dix ans, malgré des dates de vendanges de plus en plus précoces, de sorte que depuis une quarantaine d'années, les vins sont passés d'un taux d'environ 11 degrés à plus de 14 degrés !

Enrichir et diversifier

De ce fait, nous avons installé une haie, des fruitiers, de la vigne entre les bandes cultivées, créant de l'ombre, laissé le sol enherbé, sur lequel poussent en outre du trèfle et de la luzerne, des légumineuses qui captent l'azote présente dans l'atmosphère et la restituent dans le sol.

Cela permet également de limiter l'évaporation, d'entretenir l'humidité ambiante, notamment durant la nuit, hydratant la partie aérienne des plants, qui donc supportent mieux le rayonnement solaire, sachant qu'à partir de 35°C, j'ai constaté que les fleurs des tomates brûlent, ce sont des plantes tropicales très à leur aise aux alentours de 25°C ...

Nous pouvons nous permettre de les planter de façon rapprochée (35-40 cm) car étant parvenue à des variétés vraiment très résistantes, elles ne sont pas sujettes aux maladies, nous limitons l'évaporation du sol.

reportage photo permaculture - anne bied - photographe reporter paris - photographe gers - photo reportage france


Rotation des cultures

Mieux vaut pratiquer une alternance et une rotation des cultures afin que les mêmes espèces ne puisent pas toujours les mêmes nutriments au même endroit. Installez par exemples des légumineuses capturant au sol l'azote de l'atmosphère à l'endroit où se trouvaient des solanacées gourmandes et exigeantes l'année précédente, les alliacées sont peu voraces.

Pour notre part, nous mettons le jardin au repos relatif en hiver, nous paillons, recouvrons de fumier enrichi de cendre les bandes cultivées, nous plantons seulement de l'ail en novembre-décembre et des oignons de Trébons en février-mars, pour les cueillir en juin et remplacer dès récolte par des plants de cucurbitacées.

Pour le reste nous plantons des "légumes du soleil". Cet apport systématique et permanent de matière organique nous permet de cultiver d'une année sur l'autre sans épuiser la terre, voire de pouvoir, effectuer plusieurs récoltes successives au même endroit dans une année.